2008, France.
Quelle est la LIBERTÉ de l’artiste chorégraphe dans le paysage culturel, économique et politique de ce pays aujourd’hui ? Qui choisit les spectacles que les spectateurs pourront voir : L’inspecteur qui dit, "C’est moi qui choisis la danse d’aujourd’hui" ?
Le programmateur qui dit : "J’aime ce spectacle, et il va remplir ma salle" ?
Le spectateur qui dit : "Je ne connais pas bien la danse" ?
L’artiste qui dit : "Je dois danser, à ma façon, je ne peux pas faire autrement" ?
Qui choisit de donner quel argent public à quel-lle chorégraphe : Le fonctionnaire, sous mission de remplir des conditions énoncées par l’État ? Le programmateur, sous pression de répondre aux élus en remplissant "sa" salle ? Le spectateur, qui est contribuable ? L’artiste, qui est éventuellement contribuable aussi ?
Qui décide de la politique de la danse : L’état ? L’élu ? Le contribuable ? L’artiste ? D’ailleurs, c’est quoi, une politique de la danse : Reconnaître ce que l’art chorégraphique peut apporter aux spectateurs ? Reconnaître les différentes expressions de la danse ? Reconnaître les différentes visions de chaque chorégraphe ? Reconnaître un mode d’expression qui peut parler à beaucoup de personnes, mais qui a besoin d’être vu pour être entendu ?
Et c’est quoi, la LIBERTE de s’exprimer en tant que chorégraphe : Obéir ? Subir ? Agir ? Danser ce qu’on veut, quand on veut, avec qui on voudra ?
Le rôle de l’artiste est-il de créer des oeuvres esthétiques qui plaisent à tout le monde ? de devenir une institution immuable ? d’être lui–même fonctionnaire ?
Le rôle de l’artiste est-il de questionner ? questionner la société ? les institutions ? le système ? le statu quo ? questionner les formes et les fonds de son expression ? de sortir de l’ordinaire ? de reconnaître que questionner est une mise en mouvement, et de ne plus questionner signifie que tout s’arrête, rien n’avance plus ni s’invente ?
Le rôle de l’artiste est-il de créer ? de créer des nouvelles façons d’écouter, de regarder, de ressentir ? de sortir des chemins battus ? d’aller vers le public, vers les gens en tant qu’individus ? de titiller nos imaginations ? pourquoi pas : changer le monde ?
, et nous proposons une réponse en MOUVEMENT, comme l’est notre mode d’expression et de création. Nous vous proposons un événement nomade, une rencontre éphémère et durable, pour échanger avec vous notre public, pour danser pour et avec vous. TANT de DANSES sort des chemins battus et des institutions permanentes pour présenter la danse dans tous ses états. Nous souhaitons aller à la rencontre des publics en proposant de venir dans votre région, votre département, votre ville, votre village, avec des ateliers de sensibilisation, des lectures démonstrations dansées et des spectacles tous publics. Nous aimerions également rencontrer les chorégraphes, danseurs et tous les acteurs culturels du territoire.
Nous souhaitons prendre des chemins peu fréquentés pour faire connaître la danse, peut-être même vous faire danser. Nous ne resterons pas, pas plus longtemps qu’il ne faudra pour vous proposer notre façon de rêver, écouter le vôtre, échanger nos histoires. Nous vous proposons de rencontrer la danse dans un nouveau lieu de liberté, TANT de DANSES, et nous vous remercions d’avance, pour cette danse -
Syndicat Chorégraphes Associés, Novembre 2008